L’évasion des polyèdres

Bienvenue sur le site internet de Guy le Berre auteur de "l’évasion des polyèdres". Que vous souhaitiez savoir ce qu’est un polyèdre, où se trouve Concarneau…Vous cliquez au bon endroit… Laissez vous embarquer par les anecdotes et souvenirs d’un mathématicien, poète, musicien, chanteur…

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Joseph Royer

philosophe


Je n’avais pas oublié notre étonnante rencontre « sur le zinc », et je me suis procuré bien vite, sans difficulté, votre livre : la librairie des Compagnons en avait encore quelques exemplaires et l’on m’y a dit que cet ouvrage avait été très apprécié de la clientèle.
Je dois vous dire tout de suite que telle a été ma réaction.
Je croyais trouver une brochure, et c’est un superbe livre d’art que j’ai découvert. Il combine tous les attraits dont le moindre n’est pas la possibilité d’en user par toutes sortes d’entrées, comme on peut le faire pour la lecture des grandes œuvres de la Renaissance ( Je pense aux Essais de Montaigne ou à l’Anatomie de la mélancolie de Robert Burton, par ex…) Quels que soient la page ou le chapitre choisis, on est dans la ronde des polyèdres et on ne s’y sent nullement enfermé !
Sans doute, ces structures, lorsqu’elles sont réalisées, peuvent ressembler à des cages où l’on peut emprisonner tout ce que l’on veut selon leur taille. Je me souviens d’une mise en scène de la Damnation de Faust , vue dans ma jeunesse : le Docteur Faust y apparaissait au début enfermé dans un dodécaèdre suspendu dans les cintres, tel un mobile à la Calder, belle image de la « libido sciendi » vouée à tourner en rond faute d’une véritable éthique. Après ce temps, j’associais les polyèdres plus ou moins à cette malédiction !…
Votre livre – dès le titre – remet opportunément les choses en place. Comme toute idéalité mathématique, les polyèdres sont fruits de l’intelligence et principe d’intelligibilité .Ils sont donc aussi principe de liberté : d’où la joie qu’on a à vous lire. Votre livre devrait être présent dans tous les C.D.I.
Je me suis évidemment rué tout de suite sur les pages consacrées à la Renaissance italienne et j’ai beaucoup apprécié ce que vous dites du très beau tableau de Bellini, Allégorie sacrée. Le fantastique, effectivement, n’est pas incompatible avec la rationalité et le nombre, bien au contraire. Roger Caillois le rappelait à juste titre, contre les surréalistes dont le culte exclusif de l’irrationnel a pu sans doute se glorifier par réaction ( l’ université n’a que trop fait de la raison, une déesse stérile et sans attrait !), mais qu’on ne peut pas ériger en règle absolue.
Ainsi, croyez bien que j’aime à fréquenter votre livre, même si j’ai perdu l’usage des algorithmes mathématiques. Je me ferai rafraîchir la mémoire par des collègues à qui, par la même occasion, je vous ferai connaître.
N’hésitez pas à me faire signe, lorsque vous viendrez à Paris, et selon nos possibilités, envisagerons – nous une petite rencontre autour d’une bouteille de Coteaux du Layon, ou de tout autre cru. Heureusement, la source du bon vin, pas plus que celle des spéculations mathématiques, n’est encore tarie !

Avec mon cordial souvenir,
Joseph ROYER, philosophe,
Paris décembre 2006


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