L’évasion des polyèdres

Bienvenue sur le site internet de Guy le Berre auteur de "l’évasion des polyèdres". Que vous souhaitiez savoir ce qu’est un polyèdre, où se trouve Concarneau…Vous cliquez au bon endroit… Laissez vous embarquer par les anecdotes et souvenirs d’un mathématicien, poète, musicien, chanteur…

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L’histoire d’un livre à compte d’auteur


Trois palettes de livres ont trouvé leur place, en juin 2006, dans un garde-meubles, un peu moins de 3m3 et un peu moins de 3 tonnes. Mais le toucher d’un seul, sorti d’un assemblage plastique de 5 livres, donna la première émotion. On pouvait déjà se demander si l’un d’entre eux existerait dans la Tour des Nombres au raz-de-jardin à la Bibliothèque Nationale de France François Mitterrand, perdu dans les km de rayons…Pourquoi pas ?

La réalité économique de cet ouvrage « à compte d’auteur », (après les péripéties d’éditeur racontés en détail dans le prologue), avait débuté avec des nombres, et ce n’est pas pour décourager les aventuriers qui veulent aller jusqu’au bout…d’une petite folie. Tant qu’à faire, cette expérience peut être utile, même si quand on aime on ne compte pas : Toute personne sensée de l’édition vous dira « 500 livres, c’est déjà bien », surtout contenant des mathématiques et malgré la belle quadrichromie, la couverture le format 20 sur 29cm ! Justement cette quadrichromie entraîne les coûts de plaques, chez l’imprimeur, pratiquement indépendants des nombres, le reste c’est le papier, les couleurs, le temps. Alors pour donner une idée :

500 livres reviennent à 8000 euros 16/livre
1000 --------------------à 12000 euros 12/livre
2000 --------------------à 18000 euros 9/livre

Quel que soit le tirage, il faut ajouter des frais, sans tenir compte du temps passé, c’est évident. Inutile d’en faire l’inventaire, ici, et lorsque le Conseil Général a décidé de m’aider, Monsieur Rohart les estima à 6000 euros. Du coup on obtient :

Pour 500 livres28/livre
1000 18/livre
2000 12/livre

Tout ceci peut paraître bassement matériel, mais le déséquilibre énorme ressenti autour de ce « livre spécial » oblige à certaines mises au point. Vous admettrez que je ne me compare pas à Michel Drucker, ses 400000 exemplaires, (avec tapage télévisé, un prêté pour un rendu…comme de bien entendu ?) Alors avec tous ses copains, Foucault, PoivreD’Arvor, comment voulez vous avoir un endroit à la FNAC ou d’autres grands médias ? (surtout au régime, parfois, de 2 livres par an…) Et les vraies librairies n’ont pas d’étalages élastiques entre tous les beaux ouvrages, surtout dans des contacts téléphoniques. Certaines ont donné une belle place à l’évasion des polyèdres en beaux livres et ça change tout…Je peux les citer sur les doigts d’une main : Ravy, Les vents m’ont dit, Leclerc culturel à Quimper, la librairie du compagnonnage à Paris, le Clos Lucé à Amboise… Alors que d’autres libraires estiment, en axiome, que si le livre était bon il aurait trouvé un éditeur, comme ça le problème est vite réglé, par un manque de discernement (entendu dernièrement chez Page et plume à Limoges) Sylvie me dit : attention si tu continues tu vas tomber dans le train du malheur ! Je la rassure, car 2 ans après sa sortie, il existe encore et pas de quoi l’envoyer au pilon. J’ai certainement mal entendu sur France Inter 1 000 000 d’ouvrages en France au pilon chaque année…Prix moyen (brut, papier, imprimerie, transport) d’un ouvrage 5 euros et récupération 0,5 euro (papier) !

Profitons de l’avantage du site, qui vient d’être crée en mai 2008, pour une expression libre, une expérience de compte d’auteur, sur certains faits complexes, significatifs de société libérale, à travers quelques anecdotes.

Vous avez eu l‘occasion d’effleurer certaines critiques de « l‘évasion des polyèdres » et pourquoi pas d’imaginer un écoulement relativement simple des 2000 exemplaires. Prenons par exemple les bibliothèques des Instituts de Recherche, où le livre ne déparerait pas…surtout après les contributions élogieuses des mathématiciens Paul Louis Hennequin (bulletin de l’A.P.M.E.P.) et Michel Le Berre (pour Publimath). Quelques essais téléphoniques sont toujours intéressants et étonnants ! Par exemple celui de l’Enseignement des Mathématiques (IREM) de Lille. Tout est question de marché, impossible de faire autrement, la même chose pour toutes les bibliothèques universitaires, médiathèques, CDI…Si l’IREM de Lille, sans trop se décourager, veut mon livre, il vaut mieux que je m’en mêle… parce que le marché impose un achat à la librairie Decitre à Lyon. Comme Decitre me connaît c’est l’occasion d’un plaisir relatif…Quimper-Lyon, Lyon-Lille. Prendre contact à quelques centaines de mètres, entre la librairie du « furet du nord » et l’IREM de Lille vous amène en cacophonie. Certaines universités, quelques librairies ont fait toutes les démarches, soit environ une vingtaine de livres pouvant être consultés, en ayant leur place dans les rayons. J’ajoute une petite note matérielle…Il est arrivé plusieurs commandes de chez Decitre dans la même quinzaine. Un envoi en colissimo de 5 livres, me revenait à environ 10 euros, et bien il fut retourné, chaque envoi était catalogué et devait être unique à 6 euros, en enveloppe à bulles, peu sûre, et à mes frais soit 5x6 euros…

Pendant les années d’enseignement, j’aimais me rendre dans les Centres de Documentations Pédagogiques, pour emprunter livres, diapos ou vidéos. Le projet et la parution de l’évasion des polyèdres furent l’occasion d’un retour, en imaginant un lien possible avec le Départemental (CDDP), le Régional (CRDP) et le National (CNDP). L’accueil chaleureux des intermédiaires, ayant le livre entre les mains, était toujours encourageant, mais, la décision devait remonter une hiérarchie, comme celle du directeur du Centre National, estimant que ça ne se faisait pas si simplement. De quoi tomber dans les oubliettes et pas envie de me justifier ou d’implorer ! Du centre régional j’ai même reçu une mise en garde pour avoir osé une atteinte au droit artistique, par Léonard de Vinci , Bellini ou Dali interposés…alors que tout naïvement je pensais donner l’envie, par des études de perspectives, d’aller, sur place, se pénétrer des chefs d’œuvres entrés en patrimoine. Ce fut d’ailleurs le cas de visiteurs de merveilles sur les traces des marqueteries de Fra Giovanni de Verone, à Monte Olivetto de Maggiore, puis à Urbino ou sous la coupole du musée Dali à Figueras ou devant l’allégorie sacrée de Bellini au musée des Offices à Florence.

Toutes ces contradictions culturelles sont étonnantes. Un autre exemple : Amboise et Lanester sont des petites villes d’environ 20000 habitants. On trouvera plus loin la page " Le Clos Lucé".

A Lanester, mon épouse proposa un exemplaire de l’évasion des polyèdres à la superbe médiathèque Elsa Triolet, tout simplement parce qu’elle y était inscrite. Deux semaines plus tard on le lui rendit, seul commentaire, il ne correspondait pas à la clientèle abonnée, pouvant se satisfaire de 85000 ouvrages disponibles. Dans cet ensemble de qualité j’ai voulu savoir. Un appel à la directrice m’a noyé dans des raisons négatives, après réflexion objective ne remettant pas en cause certaines qualités du livre. Ces raisons négatives changeaient des critiques reçues jusqu’alors, mais peut-être subjectives ? Il y avait de quoi se rendre à la déchetterie…ou à une distribution gratuite de livres, un jour de soldes : pas de passe droit parce que j’habitais Lanester, pas de commerce ou de publicité à la médiathèque (pour une affiche d’annonce proposée), pas d’éditeur, pas de lecteurs prévus parmi les abonnés, et : « vous dîtes "je" et en plus on vous voit dans votre salon avec des amis… » (sans doute à la page 183, un beau jour de fête : création de l’air des polyèdres par les musiciens d’Orion, l’étude de couverture du livre et l’affiche par Régis Ogor, photographies de la maquette de la terrasse de Bellini par Jean Claude Salaun). C’est vrai, on peut admettre l’ensemble de ces remarques, sauf celle d’absence potentielle de lecteurs aussi minoritaires soient-ils, informés de la présence du livre par une affiche où se côtoient Léonard de Vinci et les ébénistes du lycée de Pleyben…

Du coup, en l’honneur des yeux d’Elsa, pour s’évader des polyèdres et du livre, on trouvera en accompagnement de diaporama, si j’y arrive, quelques chansons d’Aragon sur mon accordeon diatonique : "maintenant que la jeunesse", "l’étrangère","tu n’en reviendras pas"…

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